Piano Aux Jacobins : LAURENT COULONDRE

Lun. 18 sept. 2017 / 20h00 / 10/12€


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Ce qui est touchant chez Laurent Coulondre, c’est que le (jeune) homme est en phase avec lui-même. Sa musique est dictée par ses désirs, rien d’autre. Un garçon brillant, un brin hyperactif. Sur ses claviers, tout travaille simultanément, les deux mains, les deux pieds, son corps tout entier est dévoué à la musique, aux grooves inextricables qu’il tisse avec ses partenaires. D’incessantes illusions rythmiques, trompe-l’œil (devrait-on dire trompe-l’oreille ?), jamais rien de mathématique, juste la saine jouissance de celui qui s’amuse et nous communique son bonheur.

 

Pour Coulondre, la musique (la vie ?) est un infini terrain de jeu, d’expérimentation. Comme ici pour ce face à face entre ses claviers et une, deux, trois ou quatre batteries ! Les rencontres, il les provoque, croisant ici le fer avec ce que l’hexagone a de mieux à nous offrir en termes de peaux, cymbales et autres métaux. Martin Wangermée, brillant et fidèle partenaire in crime du pianiste électronicien ; André Ceccarelli, un des immenses poètes de la pulsation ; Yoann Serra, inimitable signature, le son, la souplesse, les idées, tout est là ; et Cyril Atef, trublion jamais à court de propositions qui font prendre à la musique des virages sur deux roues.

 

Face à eux, Coulondre propose, (pro)pulse, ne se lasse pas de se jouer de l’horloge du temps. Sa musique ressemble parfois aux inextricables dédales d’Escher, on imagine en trouver la sortie mais on est ailleurs, perdu dans un océan de plaisir, de sons qui s’entrecroisent comme autant de paysages à explorer.

 

Coulondre ne théorise pas ce qu’il fait. Qualifier sa musique ? Jazz ? Oui. Rock ? Aussi. Jazz rock ? Pourquoi pas (ce mot l’effraie un peu, tant il fut il y a peu l’objet d’une impitoyable chasse aux sorcières ; depuis, l’électricité s’est à nouveau frayé un chemin dans le monde du jazz). Du groove ? Certainement, mais pas seulement… Au final, un homme de son temps, que l’on rangera à sa guise entre Chick Corea, Eddy Louis, D’Angelo ou Snarky Puppy, bien d’autres encore, peu importe le flacon.

 

Il est heureux que nous soit offerte aujourd’hui une musique qui exulte et qui se soucie du son (textures et couleurs sont ici remarquables), de l’espace et de l’interaction. Affirmant sans forcer une personnalité qui suscite déjà l’admiration, Coulondre est lancé, vite et pour longtemps !